Contexte du livre

CONTEXTE HISTORIQUE DU LIVRE

LES ORPHELINATS ROUMAINS

Il y avait des centaines d’orphelinats en Roumanie. Comme une image vaut mille mots, voyez les photos ! On y aperçoit des enfants négligés, par des surveillantes infiniment cruelles, qui n’avaient ni le temps ni le mandat de s’occuper d’eux. Des enfants qui pleurent. Qui ont faim. De pain, de lait, et du pain et du lait de la Vie qu’est la tendresse. Qui ne souhaitent qu’un geste, une caresse, de leur maman ou de celle qui ferait semblant de l’être. Même quelques instants seulement. La petite orpheline

À l’orphelinat où a grandi Loredana, il y avait trois bâtiments. Le premier abritait les enfants, comme elle, de sept ans et moins . Le deuxième, ceux de 8 à 18 ans. C’est là que vivait la meilleure amie de notre petite orpheline, Violeta, par qui elle a tout appris au sujet du monde et de sa maman, qui n’était pas actrice comme Marylin Monroe, contrairement à ce que Loredana avait longtemps cru.

Dans le troisième vivaient les «rejetés», les «déchets», les arriérés mentaux, ou ceux que l’on disait tels. Comme Vlad, supposément autistique et stupide, mais l’homme le plus intelligent que Loredana dit avoir rencontré dans sa vie. Sauf évidemment pour Valentin… l’homme de sa vie !

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LE RÉGIME DE CEAUSESCU

En 1974, Ceausescu prend le pouvoir en Roumanie. Il en fait aussitôt un régime totalitaire et, précurseur de Donald Trump qui se qualifie de «génie stable», il s’attribue le nom de «génie des Carpates». Il s’affuble aussi de l’épithète de «Danube de la pensée». Dans son délire, il décrète une loi qui oblige toutes les femmes en âge de procréer à avoir au moins… cinq enfants ! Oui, cinq enfants !

Mais comme il affame la population pour pouvoir financer son train de vie extravagant – son palais, ses repas fins, ses limousines, ses voyages et ceux de tous ses proches –, la plupart des mères, même méritoires, doivent laisser leurs enfants dans des orphelinats. Du moins pendant la semaine.

Avec l’espoir, souvent illusoire, de pouvoir les reprendre le week-end venu. Pas trop amaigris, pas trop maltraités. Mais voilà : la plupart du temps illettrées, ces mères faméliques ont signé des… actes d’abandon!

Cet acte en main, qui lui donne tous les pouvoirs, même les plus odieux, la direction des orphelinats transfert rapidement les enfants dans d’autres établissements, pour fin d’adoption internationale, de prostitution ou de vente d’organes.

RÉSUMÉ DU LIVRE

À l’âge de trois ans, Loredana, poursuivant dans la cuisine familiale un chat qui poursuivait un rat, chute sur la cuisinière brûlante et, vu la douleur extrême causée par ses blessures, tombe dans le coma.

Un coma qui durera trois mois.

Lorsqu’elle en sort enfin, comme par miracle, elle est envoyée dans un orphelinat, où elle apprend bientôt que sa mère a signé un acte d’abandon, et a dit à qui voulait bien l’entendre que sa fille était… morte!

Sous la tutelle de madame Lupu, qui la déteste, commence alors pour la petite orpheline une vie lamentable, faite de sévices innombrables, de dortoirs et de salles de bain infects, de nourriture immangeable et servie en faibles quantités, de surveillantes violentes et cruelles.

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UNE ÉPOQUE SOMBRE

RENCONTRE DES AUTEURS

«Il n’y a pas de hasard, a dit Eluard, il n’y a que des rendez-vous.» Pourtant, c’est par un pur hasard que j’ai rencontré Loredana. Ou plutôt est-ce ce que je croyais, lorsqu’elle vint me trouver à la fin de la conférence «Voir grand» que je donnais, avec Luc Poirier, dans un hôtel altier, le Alt. Elle avait une idée derrière la tête – et des centaines dedans!

Elle avait aussi une histoire – une histoire vraie.

Lorsqu’elle me la raconta, quelques jours plus tard, chez moi, je fus ébranlé. Et ma femme encore plus : depuis la pièce voisine, elle avait tout entendu de notre conversation. Lorsqu’elle vint nous trouver, les larmes aux yeux, elle me dit : «Mon mari, tu DOIS raconter cette histoire.»

Ce que femme veut…

Il n’y avait pas que la dimension dramatique de l’histoire, de ce tout petit enfant abandonné par sa mère dans un orphelinat en Roumanie, qui me fascinait…

Il y avait aussi l’incroyable leçon de vie qui en transpirait.

Une leçon de résilience, qui nous rappelle que nous avons de la chance, beaucoup de chance, quoi qu’on en pense, de… ne pas vivre dans un orphelinat en Roumanie !