Loredana Drilea

PRÉSENTATION DES AUTEURS

Loredana Drilea

LOREDANA DRILEA

Entrepreneur/ Auteur

Je suis née en Roumanie, dans la petite ville de Falticeni, sous le régime communiste de Ceausescu, ce qui ne constitue pas exactement un début facile dans la vie. Mais bien entendu, je ne connaissais pas autre chose : je faisais avec, comme on dit. Ma mère m’a abandonnée dans un orphelinat, comme je le raconte du mieux que je le peux dans La petite orpheline, qui est un peu, cela dit sans prétention, mon Journal d’Anne Frank à moi, même si, je n’en disconviens pas, mon sort fut moins horrible que celui des juifs sous le régime nazi. la petite orpheline Loredana drilea

Quant à mon père, je ne l’ai jamais connu. Lorsque j’ai enfin pu revoir ma mère, bien des années après son abandon, elle m’a expliqué qu’il était un romanichel, qu’il était beau, qu’elle avait seize ans lors de leur rencontre et que son amour pour lui dura deux nuits: il aimait trop la vie pour devenir son mari. J’ai eu une sœur que je n’ai pour ainsi dire jamais connue. Ma mère ne l’avait pas abandonnée définitivement dans un orphelinat, contrairement à moi.  

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MOMENTS FORTS DE SA VIE

Peut-être est-ce parce que j’ai été abandonnée fort jeune par ma mère, qui m’a repoussée lorsque j’ai pu la retrouver, mais être mère a toujours été la chose la plus importante pour moi. Alors, quand je le suis enfin devenue, j’ai voulu donner à mon fils tout ce que ma mère ne m’avait pas donné. À travers lui, je me suis petit à petit réconciliée avec la vie. Qui est si belle, si vaste, si imprévisible, même quand on a passé des années dans un orphelinat en Roumanie! Comme je le dis souvent: «Tout est possible! Je n’ai pas de limites!» Et ce sont les leçons de vie que j’enseigne à mes enfants.

Après ma miraculeuse évasion de l’orphelinat de Roumanie, la veille de Noël 1989, j’ai découvert un monde différent, inattendu, surprenant. Quoi? On pouvait marcher librement dans les rues? Quoi? On pouvait entrer à n’importe quel moment dans une épicerie, une pâtisserie, sans avoir à faire la file dès cinq heures du matin, et trouver quand même les tablettes pleines? Est-ce que je rêvais? Non, je m’éveillais simplement de mon long cauchemar roumain.

Cet émerveillement, cette abondance, je ne les ai jamais oubliés. Pour tout vous dire, j’en conserve un étonnement, un chagrin, et aussi un espoir.

Mon étonnement est que si peu de gens semblent se rendre compte de la chance qu’ils ont d’être nés dans un pays où «sévit» pareille abondance.

Mon chagrin est qu’ils agissent comme si le «frigo de Mère Nature» était sans fond, et qu’on y trouvera toujours de quoi manger malgré le gaspillage éhonté et quotidien de nos sociétés.

Mon espoir est que grâce à mon livre, La petite orpheline, et à la fondation qui y sera reliée, il n’y ait plus, dans un avenir rapproché, aucun enfant qui ne parte pour l’école le ventre vide, comme s’il vivait dans un orphelinat en Roumanie.

J’espère aussi que tous mes lecteurs prendront conscience de la chance qu’ils ont, de ne pas être nés dans la Roumanie de Ceausescu et de ne pas avoir passé leur enfance dans un orphelinat. C’est la grâce que je leur souhaite. Et c’est pour cette raison que j’ai voulu écrire l’histoire de ma vie.

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